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La connaissance, pilier du Développement Durable
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- Dépasser le débat entre les "spécialistes et les activistes"
- L'éthique du discours scientifique découle de la relation à l'expérience - William C Clark
- Dépasser le débat entre les "spécialistes et les activistes"
L'éthique du discours scientifique découle de la relation à l'expérience - William C Clark
Il faudrait mieux relier la connaissance et l'action dans le domaine du développement, car bien que nous disposions de connaissances pertinentes, celles-ci demeurent encore souvent mal réparties ou mal comprises. Pour y parvenir, la communauté scientifique doit privilégier le style de travail pasteurien, en intégrant dans les mêmes laboratoires la recherche fondamentale et les moyens pratiques de s'attaquer aux problèmes dont l'importance sociale est considérable.
Aujourd'hui, une part importante du débat concernant le rôle de la science et des scientifiques dans le monde, repose sur une fausse dichotomie entre la recherche "fondamentale" et la recherche "appliquée". Or, ces deux démarches ont l'une et l'autre beaucoup à offrir. Cependant, une troisième voie serait également très nécessaire, la « recherche fondamentale inspirée par son utilisation » dont Pasteur a été le pionnier. Comme Pasteur, il nous faut aujourd'hui appliquer les meilleures et les plus originales de nos ressources et compétences scientifiques fondamentales aux grands problèmes pratiques de notre époque. Une telle démarche aboutit nécessairement à développer un dialogue entre les scientifiques et les militants. Sur le sujet du développement durable, il est communément accepté que son avancement repose non seulement sur une accumulation de connaissances techniques, scientifiques et technologiques, mais encore plus sur la possibilité d'apprendre à adapter les comportements pour utiliser ces connaissances. Il est vrai que nous savons beaucoup de choses pertinentes dans le domaine du développement, mais elles ne sont pas bien réparties ou, si elles le sont, elles sont très peu intégrées. Bien entendu, il faut recruter des compétences dans tous les domaines pour faire de la recherche-développement, mais l'expérience pratique démontre que les connaissances de laboratoire doivent faire l'objet d'une expérimentation sur le terrain, comme cela a été le cas pour la recherche agricole internationale. Certains « systèmes de connaissances » sont plus efficaces que d'autres, comme le montre l'exemple de l'agriculture par comparaison à celui de l'éducation. En effet, les technologies de l'éducation n'ont pas progressé aussi rapidement qu'il aurait été possible.
De façon plus générale, il nous faudrait être plus systématique pour relier la connaissance à l'action. Il n'y a pas assez de recherche empirique sur la solution à des problèmes précis, ni de comparaisons systématiques des expériences portant sur des problèmes universels. Il serait nécessaire d'encourager plus d'interactions entre ceux qui produisent et ceux qui utilisent la connaissance. Pasteur avait remarquablement réussi dans cette voie. Le dialogue doit s'instaurer tout au long d'un projet, et nos institutions de recherche doivent mettre en place ce type de dialogue. Par exemple, l'Institut International de Recherche sur la Prévision du Climat s'efforce d'associer les utilisateurs à ses programmes. Il en est de même pour l'International Agricultural Research System. Ces institutions encouragent la prise de risques. C'est nécessaire pour protéger les innovateurs contre les différentes formes d'intérêts bureaucratiques et disciplinaires qui les menacent. Mais si on encourage la prise de risque, on doit définir les cibles et objectifs et se doter de moyens d'évaluation, pour écarter ce qui ne marche pas ou ne va pas. Comme Pasteur, il nous faut créer des institutions qui sauront se tourner résolument vers les leçons à tirer de l'interaction de la science avec la pratique.