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La connaissance, pilier du Développement Durable
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- Tenir compte du contexte local pour promouvoir l'éducation et la formation
- Le contexte local conditionne l'efficacité de l'action en faveur du développement ou comment "savoir être" - Benoit Silve
- Tenir compte du contexte local pour promouvoir l'éducation et la formation
Le contexte local conditionne l'efficacité de l'action en faveur du développement ou comment "savoir être" - Benoit Silve
Dans un souci de professionnalisation croissante de l'action humanitaire, Bioforce fournit une formation professionnelle de logisticien aux acteurs humanitaires. Cette formation qui augmente leur efficacité doit avant tout prendre en compte des contextes locaux et régionaux. L'objectif est d'enseigner aux agents une forme de « savoir être ».
Bioforce a été créé par Charles Mérieux, fils d'un collaborateur de Pasteur qui travaillait sur les bactéries. Il s'inscrit dans une histoire, celle du siècle dernier qui aura vu notre humanité s'éloigner fortement de son milieu naturel et prendre conscience en même temps des enjeux d'une telle évolution, s'agissant notamment de ses effets sur les cultures issues de cet environnement séculaire. Ces enjeux d'évolution ont crû pour partie à l'occasion des guerres dont on peut mesurer les effets inacceptables sur les populations civiles. Ces mêmes années ont été marquées par une construction positive des modalités d'assistance aux pays en voie de développement. Elles ont également permis la formalisation des concepts d'urgence et de développement, en tenant compte des contextes. Mais comme le montrent les cas de l'Afghanistan et de l'Irak aujourd'hui, de nouvelles menaces pèsent sur l'action humanitaire. Enfin, la nécessité d'un caractère partenarial dans toute action de développement, par opposition à une aide essentiellement issue de processus unilatéraux, du Nord vers le Sud, est de mieux en mieux traduite dans les faits.
La « génération humanitaire », caractérisée dans les années 1970 par son enthousiasme, a souvent privilégié l'action. Avec le recul, l'expérience et l'engagement des « French Doctors » permettent à présent de mieux privilégier le résultat sur l'action elle-même. C'est ainsi que progressivement ont été pris en compte les effets de l'aide humanitaire sur l'environnement naturel et la biodiversité. D'autres théories ont succédé depuis à cette première phase d'action humanitaire. L'une des mutations est la professionnalisation de l'action humanitaire. En 1974, alors qu'une épidémie de méningite frappait le Brésil, une opération de Santé publique hors du commun a permis de vacciner 90 millions de Brésiliens. Le docteur Mérieux retient de cette expérience, l'idée que le facteur logistique est fondamental.
C'est dans cet esprit qu'il crée en 1983 Bioforce, afin de fournir une formation professionnelle de logisticien aux acteurs de l'action humanitaire. Cet institut vise ainsi à les préparer à un contexte particulier, afin de mieux prendre en compte les enjeux locaux.
Concrètement, l'institut s'est appuyé sur les organisations humanitaires dans le cadre d'une démarche participative qui identifie bien les divers métiers spécifiques de la solidarité internationale, ceux d'administrateur, de logisticien etc.
On augmente l'efficacité de l'action humanitaire si on applique une démarche rigoureuse de construction d'un « référentiel » professionnel. On peut mieux ensuite contribuer au développement individuel des acteurs de l'humanitaire, par une valorisation de leur savoir faire et la création de passerelles vers d'autres origines professionnelles.
La problématique de l'eau illustre clairement, dans tous les contextes, que la solidarité internationale s'adresse à l'homme dans son environnement. Il ne faut jamais oublier une telle donnée. Il faut en effet toujours garder à l'esprit la nécessité d'appréhender le contexte local. Le premier impératif en la matière est d'apprendre à poser les bonnes questions, avant de mettre en pratique le concept d'intégration.
Dans le domaine de la formation humanitaire, on a pu opposer parfois l'urgence au développement. Nous nous inscrivons davantage dans un continuum où l'urgence est à l'aide humanitaire ce que la médecine de catastrophe est à la médecine. Ce ne sont donc pas deux concepts qui s'opposent ; il s'agit davantage de réponses à des contextes spécifiques. Il nous revient de peser dans toute décision les aspects relevant d'une nécessité immédiate par rapport à ceux qui auront vraiment des effets durables. Il est clair qu'un tel processus nécessite un important travail préalable, faute de quoi l'urgence seule impose ses lois.
Les métiers de l'action humanitaire appellent donc une formation spécifique. Il faut prendre en compte les valeurs qui sont incarnées par ce métier. Une telle démarche s'appuie naturellement sur le respect des valeurs du contexte local. Dans ce domaine, l'importance de ces valeurs locales conduit à parler autant d'éducation que de formation professionnelle : elles sont formalisées dans ce qu'on appelle le « savoir être ».
Les « savoir être » caractérisés sont précisément la capacité à adapter son comportement à différents contextes, à connaître ses limites et ses capacités, à prendre du recul afin de se positionner de manière objective. Ceci nous paraît bien décliner « le respect de l'autre dans son environnement ».
Mais cet apprentissage du « savoir être » ne peut être purement le fruit d'un enseignement. Il relève également d'une expérience spécifique. Bioforce considère comme essentielle la prise en compte de contextes locaux et régionaux, en liaison avec l'aide internationale, afin de délivrer des formations spécifiques. Nous insistons aussi sur le caractère multiculturel que prennent les formations dispensées, afin de prendre en compte des réalités diverses.
La situation est d'autant plus préoccupante aujourd'hui que l'accélération des effets planétaires du « développement » humain laisse peu de temps pour une véritable prise de conscience et pour la détermination de mesures permettant à la fois un épanouissement de l'individu dans son milieu et le respect véritable de la biodiversité. Certes, l'expression d'une action collective peut se traduire dans l'action humanitaire mais il est toujours indispensable d'élargir autant qu'on le peut les notions de respect de l'autre et de son environnement social et naturel.
C'est le sens de ce « savoir être » qui doit privilégier la mise en place d'une action positive dans les contextes les plus variés.