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- Les grands progrès de santé publique passent par une éducation à l'hygiène
- La gestion de l'eau, clé des politiques publiques d'hygiène et de santé - William Dab
- Les grands progrès de santé publique passent par une éducation à l'hygiène
La gestion de l'eau, clé des politiques publiques d'hygiène et de santé - William Dab
Les mesures d'hygiène publique liées au traitement d'eau ont joué un rôle important dans l'élimination en Europe des maladies comme la typhoïde. Aujourd'hui, malgré les progrès de la médecine curative, il est plus que jamais nécessaire de rappeler l'importance de l'enjeu de l'hygiène et de la qualité de l'eau.
L'eau et la santé publique ont toujours entretenu des liens particuliers. Historiquement, ce sont les questions de sécurité hydriques qui ont fondé le développement du mouvement hygiéniste au milieu du XIXème siècle.
Les mesures d'hygiène publique comme le traitement de l'eau, la protection des captages et les progrès de l'hygiène personnelle ont permis de faire régresser en Europe occidentale en soixante ans les cas de typhoïde, d'une base 100 en 1860 à 10 vers 1920.
Les progrès de la médecine curative et de la vaccination, puis l'usage des antibiotiques l'ont ensuite fait passer à 2 dans les quarante ans qui ont suivi. En épidémiologie, l'eau a joué un rôle très particulier. En effet, en étudiant les épidémies de choléra John Snow en 1854 se persuada qu'elle était liée à l'eau - et non pas aux miasmes, et qu'il fonda la méthode épidémiologique moderne (description, test et évaluation).
On perdra trop rapidement cette attention majeure aux enjeux de propreté de l'eau, tenant trop vite les progrès pour acquis. De fait, au XXème siècle, il semble que tout ce soit passé comme si les grands succès de la médecine curative avaient éclipsé ceux de l'hygiène, comme si la dimension individuelle avait supplanté l'approche communautaire.
A Johannesburg, les experts ont rappelé qu'environ 180 milliards de dollars par an seront nécessaires pour répondre aux engagements des Nations Unies sur l'accès à l'eau et l'assainissement. Aujourd'hui, les dépenses annuelles dans ce domaine représentent environ la moitié de cette somme.
La situation actuelle se caractérise par la nécessité d'effectuer une synthèse entre l'approche hygiéniste du XIXème siècle et l'approche médicale et biomédicale du XXème siècle.
Il faut relier ces deux approches pour le bien-être, en conjuguant une approche technique de plus en plus puissante et une approche éducative fondée sur la mobilisation sociale et l'éducation. Il y a incontestablement une condition à cette synthèse : une meilleure éducation scientifique.