INSTITUT Veolia Environnement

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  • Sommaire
    • Les grands progrès de santé publique passent par une éducation à l'hygiène
      • La révolution hygiénique en Europe a été concomitante du progrès général de la société à partir de l'ère industrielle - Harvey V. Fineberg

La révolution hygiénique en Europe a été concomitante du progrès général de la société à partir de l'ère industrielle - Harvey V. Fineberg

Le progrès réalisé dans l'approvisionnement et l'assainissement de l'eau en Europe depuis le XIXème siècle a permis d'augmenter radicalement l'espérance de vie. Cependant, contrairement aux pays développés, dans les pays en voie de développement l'insuffisance d'investissement dans ce domaine reste l'un des plus importants facteurs de risque sanitaire.

Pour expliquer les progrès récents des conditions de vie en Occident, il faut remonter à la situation du XIXème siècle, tournant de la révolution hygiénique. Plus spécifiquement, il convient de se pencher sur les progrès réalisés dans l'assainissement de l'eau depuis cette époque.

On a pu observer que l'espérance de vie était restée stable durant la première partie du XIXème siècle. Mais, au milieu du siècle, il s'est produit un nouveau phénomène qui est apparu en premier lieu dans la région de Lyon, l'approvisionnement d'eau pure dans les villes de cette région. Aussi, vers 1850, l'eau propre est devenue largement disponible. A Paris, la situation était moins bonne, bien que des progrès eussent été accomplis.

Cependant, ces progrès n'ont été significatifs que dans les vingt dernières années de ce siècle. En effet, à cette date, de nouvelles pompes établies le long de la Seine ont permis de doubler l'approvisionnement en eau de Paris. De plus, le nombre d'égouts a considérablement augmenté : si l'on compare la situation en 1870 et celle de 1900, on peut remarquer que le nombre d'égouts avait plus que doublé durant cette période. Enfin, à Marseille, la situation ne s'est débloquée qu'à partir de 1890, lorsqu'un double système d'égouts a été mis en place. Vers 1900, l'espérance de vie a considérablement augmenté sur l'ensemble du territoire français. En fait, à cette date, Paris était considérée comme la ville la plus propre du monde.

Dans les pays développés, il est ainsi possible de dire que les progrès effectués en matière d'espérance de vie n'ont été significatifs qu'à partir du moment où ont été mis en place des systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement de celle-ci dans les principales villes.

Selon différentes études, durant les années 1960 et 1970, dans le monde, la mortalité des enfants âgés de moins d'un an causée par des maladies diarrhéiques s'élevait à 23 cas pour 1 000. Dans les années 1980, ce chiffre est tombé à moins de 20 pour 1 000. Cependant aujourd'hui, plus de 2,5 millions d'enfants meurent chaque année en raison des maladies diarrhéiques. L'Organisation Mondiale de la Santé a estimé que s'il y avait un approvisionnement en eau potable satisfaisant, il serait possible de réduire ce taux de mortalité de 65%.

Qu'en est-il dans le reste du monde aujourd'hui ? Il existe un écart évident entre deux mondes, constitué par la qualité du niveau d'hygiène et de gestion de l'eau.

Il est possible d'effectuer une comparaison entre le fardeau des maladies mortelles dans les pays en voie de développement et celui affectant les pays développés (cf. The Lancet, 2001). Les cinq risques les plus importants dans les pays en voie de développement sont actuellement : le sous- poids, une sexualité à risque, une eau non sûre et un manque d'hygiène, la pression artérielle et le cholestérol.

Au contraire, dans les pays développés, les risques majeurs sont constitués par : la pression artérielle, le tabac, l'alcool, le cholestérol et le surpoids. Il s'agit bien sûr d'une image statique de la situation. Or celle-ci évolue. Ainsi, aux Etats-Unis, le problème du surpoids devient le risque principal de mortalité et il s'aggravera probablement dans les années à venir.

En général, les efforts consacrés ont davantage concerné la fourniture d'eau potable plutôt que la gestion. Ainsi, il demeure important d'associer les progrès en matière d'assainissement de l'eau à ceux effectués en matière de santé. Kofi Annan a récemment rappelé que l'accès à l'eau potable est un besoin fondamental, et par là-même un droit de l'homme.

A l'avenir, il faut affronter les défis qui nous attendent. Ainsi, la population urbaine dans les pays en voie de développement est celle qui augmentera le plus dans les 25 prochaines années.

Dans cette perspective, un double problème se pose dans le domaine de l'eau potable et de l'assainissement : fournir les services nécessaires aux villes tentaculaires des pays en développement, et le faire également dans les villes moyennes. Mais il ne faut pas oublier non plus qu'outre les problèmes déjà soulignés (catastrophes naturelles, pauvreté, ressources naturelles limitées), il faudra prochainement faire face à une difficulté supplémentaire, celle du réchauffement de la Terre. Celui-ci va exacerber la carence en eau potable.

Rendre l'eau potable c'est défendre la vie

Les êtres vivants ont un besoin d'eau pour vivre et survivre mais il existe des éléments dangereux qui sont transportés par l'eau. Ces éléments sont constitués par des agents pathogènes : l'agent du choléra, celui de la dysenterie bacillaire, les salmonelles, ou le rotavirus.

Renaud PIARROUX, Professeur de parasitologie et de mycologie, Directeur de l'équipe Santé et Environnement Rural (SERF) à l'Université de Franche-Comté

L'environnement : un facteur déterminant pour la santé humaine

Avec les facteurs biologiques, médicaux, et les facteurs comportementaux, l'environnement est reconnu comme l'un des grands déterminants de l'état de santé des êtres humains. L'approvisionnement en eau potable et l'assainissement comptent parmi les mesures qui contribuent le plus à l'amélioration de la santé publique et à l'expansion de la vie sociale et économique.

William DAB, Directeur Général de la Santé, Ministère de la Santé/France