INSTITUT Veolia Environnement

La connaissance, pilier du Développement Durable

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Conjuguons nos valeurs pour mieux traiter les enjeux d'environnement et de santé - Paul-Louis Girardot

L'Institut Pasteur a bien voulu mettre au service de cette conférence son esprit si rare c'est à dire son indépendance, sa rigueur scientifique et sa volonté d'innovation. Pasteur incarne à nos yeux une façon de vivre l'aventure humaine, issue de son histoire si particulière.

L'association entre des chercheurs, acteurs majeurs de la santé publique, avec des entrepreneurs, acteurs du bien être matériel, nous a paru pouvoir se faire autour d'un point commun : la réflexion sans concession sur la responsabilité sociale et environnementale des acteurs publics et privés dans le contexte actuel de la mondialisation.

Certes, Veolia Environnement et l'Institut Pasteur ont une longue habitude de travail en commun, ce qui peut expliquer leur approche commune des problèmes. Celle-ci consiste notamment à aller au-devant des enjeux immédiats, dans un souci de résultat et d'innovation, pour résoudre des questions de base qui se posent à des populations, souvent démunies, confrontées à l'amélioration fondamentale de leur condition d'existence.

Pourquoi aussi avoir réuni dans cette conférence les thèmes de l'environnement et de la santé ? Cette association de deux problématiques complémentaires mais distinctes, présente l'avantage d'aborder une des clés du développement durable, au cœur de toutes les politiques publiques : l'interaction de l'environnement sur la situation sanitaire et celle de l'amélioration de la santé sur le cadre de vie.

On sait depuis Louis Pasteur que l'hygiène publique est une science, et il faut rappeler ce qu'on lui doit en termes de méthode et de mesure en ce domaine. Depuis, les métiers de l'environnement, par nature, savent qu'ils doivent intégrer complètement leur contexte, c'est-à-dire leurs propres sous-produits (boue, fumée, odeur ou pollution de l'air par exemple). Mais pour déterminer des limites « raisonnables » à l'implantation humaine, il n'est pas d'autre voie que d'adopter une démarche rigoureuse. Celle-ci exige des réseaux collectifs qu'ils assument un rôle essentiel. L'existence de réseaux d'eau permet d'en contrôler la qualité ; celle des réseaux de collecte des déchets solides évite la dissémination non contrôlée.

Dans tous les cas, on réalise que la maîtrise de tels usages peut reposer utilement sur des réseaux non corporels, réseaux de savoir et d'expérience. Cela pose directement la question de l'éducation, clé du savoir et de sa transmission. A ce sujet, une étude datant de 1996 a fait apparaître des résultats troublants par rapport à l'opinion communément admise. Elle portait sur l'incidence des troubles gastro-intestinaux chez des enfants et montrait que ceux-ci diminuent de 21% grâce à l'amélioration de la qualité de l'eau potable, de 27% grâce à un meilleur assainissement, mais surtout de 33% grâce à l'amélioration des comportements.

N'oublions pas, lorsque nous parlons du manque d'eau dans le monde, que le développement de bonnes pratiques en matière d'hygiène constitue une réponse indissociable de la question des équipements, et toute aussi importante.

Toutefois, il est souvent très difficile de mettre en place de bonnes habitudes sanitaires au sein des populations, fussent-elles éduquées, comme l'illustre le cas souvent rappelé d'une ville de la banlieue parisienne où, voici quelques années, une source d'eau non potable était constamment utilisée en dépit des diverses interdictions qui la frappaient. L'enjeu économique qui est derrière ces enjeux sociaux est évidemment gigantesque.

Une approche coordonnée portant sur l'environnement, la santé et l'éducation pourrait éviter de très graves désordres, et avoir des conséquences très positives sur une économie publique. Il faut alors introduire la dimension du temps.

On oublie souvent que cent ans ont été nécessaires à Paris entre l'apparition du premier réseau d'eau vers 1780 et l'extinction presque complète des métiers de porteurs d'eau en 1880.

Ainsi, conformément à la mission de l'Institut Veolia Environnement, nous abordons une réflexion qui concerne l'avenir même de nos sociétés. Nous le faisons en gardant à l'esprit la nécessité d'avoir une grande rigueur scientifique, dans le sillage de Pasteur, et celle de valider de façon concrète les actions entreprises, comme nous le faisons quotidiennement dans le cadre de nos métiers. L'approche sanitaire permet de donner une base scientifique et une structure à la démarche environnementale ; l'approche éducative permet de fonder son utilité économique et sociale, durablement.

L'Institut Veolia Environnement

L'Institut Veolia Environnement est une association à but non lucratif créée en septembre 2001 à l'initiative d'Henri Proglio, Président Directeur Général de Veolia Environnement. Structure de réflexion et d'échange, l'Institut a pour mission d'identifier les grandes tendances qui orienteront le métier de Veolia Environnement dans les prochaines décennies, de susciter des débats prospectifs sur les enjeux du développement durable et de créer un espace de dialogue entre les entreprises, les institutions publiques, les experts scientifiques et la société civile. Le Comité de Prospective, instance centrale de l'Institut, regroupe des personnalités qualifiées du monde scientifique et de la société civile. Chargés de définir les axes de recherche et d'orienter les travaux de l'Institut, ses membres contribuent, par leur expertise respective, à élargir le champ de réflexion sur les sujets liés à l'environnement et au développement durable.