- Accueil
- La connaissance, pilier du Développement Durable
La connaissance, pilier du Développement Durable
-
Sommaire
- Introduction
- Renouer avec la démarche de Louis Pasteur -Philippe Kourilsky
- Introduction
Renouer avec la démarche de Louis Pasteur -Philippe Kourilsky
Il n'est pas surprenant que l'Institut Pasteur accueille aujourd'hui la première conférence de prospective environnementale de l'Institut Véolia, car depuis son origine, la fin du 19ème siècle, il est impliqué dans la démarche que nous appelons aujourd'hui « de développement durable ».
La santé est en effet à la fois l'une des conditions fondamentale du développement durable et l'un de ses résultats. Fort de son réseau de coopération scientifique et médical représenté par les 23 Institut Pasteur sur les 5 continents, l'Institut Pasteur plus qu'hier encore se mobilise sur de nombreuses disciplines de santé publique :
- lutte contre les maladies transmissibles
- éducation sanitaire
- épidémiologie
- dépistage et suivi des maladies endémiques
- médecine préventive : prévention, vaccination...
- hygiène
- environnement : microbiologie, pollution de l'environnement (contamination des aliments, de l'eau)
Il faut mettre la recherche scientifique en tête des engagements publics et privés si on veut atteindre les objectifs d'un développement plus durable pour les générations futures. C'est par l'innovation scientifique que les sociétés parviendront le mieux à rendre l'économie durable.
Je vais rapidement illustrer ce propos :
Scientifiques et industriels, nous partageons une conscience commune des enjeux d'avenir.
L'innovation scientifique est notre meilleure chance de rendre les économies plus durables. Et de résoudre les enjeux sanitaires et environnementaux de notre époque, en attendant que voient le jour des nouveaux modes de gouvernance mondiaux partagés par tous.
Le développement durable propose un modèle auquel nous souscrivons pleinement
De Rio à Johannesburg, en dix ans, il a émergé une conscience forte des limites de la planète et des risques que nous courrons en laissant libre cours à des modes de développement insuffisamment responsables des intérêts des générations futures et des ressources rares. Les Nations Unies, à travers le Global Compact ont fixé les grands « objectifs du millénaire », en matière de santé, d'éducation, de niveau de vie, de politique énergétique et de gouvernance démocratique dont le mérite est de proposer un carnet de route à tous les responsables publiques et privés qui se sentent concernés par notre avenir commun à moyen et long terme.
Il s'est forgé depuis peu un concept correctif au sein de l'économie de marché, le développement durable, qui pose bien la nécessité de concilier le droit à la prospérité pour chacun avec le devoir de protection des biens collectifs ; il propose « un compromis dynamique entre la poursuite du progrès économique et social et la préservation des grands équilibres naturels ». Nous croyons fortement dans la pertinence et la valeur de ce concept qui constitue une avancée dans la gestion responsable. Nous mêmes oeuvrons à notre manière dans cette direction à travers nos activités.
Le progrès scientifique doit être remis au centre des solutions d'avenir et non plus suspecté.
Le monde a connu il y a deux cents ans une concomitance incroyable entre un cycle de découvertes dans les sciences physiques et fondamentales et un cycle de progrès en médecine et en biologie. Louis Pasteur a été le contemporain des inventeurs géniaux et des entrepreneurs intrépides qui ont apporté les bienfaits du chemin de fer et de l'électricité en même temps qu'il imposait la prophylaxie et la compréhension du micro-vivant.
Cela procédait-il d'une coïncidence ou d'une interaction bénéfique ? Toujours est-il que la réflexion sur notre progrès récent montre que les moteurs de l'allongement de la vie et de la qualité de la vie doivent tout à une conjonction entre des sauts scientifiques exceptionnels et un investissement économique massif des sociétés développée
Nous ne devons pas oublier que c'est à l'apport des sciences que nous devons notre capacité à avoir su nourrir, soigner, transporter, loger, informer des millions de personnes qui se contentaient jusqu'ici de modes de vie autarciques et miséreux.
C'est la leçon de Pasteur que nous devons retenir aujourd'hui. Il fut certes aux prises avec son époque mais il ne lui imposa pas moins la force de la rationalité et la foi dans le bénéfice du progrès, au moment où la société hésitait à s'engager dans une voie nouvelle.
Si nous voulons vraiment résoudre les enjeux de « durabilité » du monde, il faut que nous investissions fortement dans la science.
Nous avons encore beaucoup d'enjeux scientifiques devant nous qu'il faut relever. Citons la résistance aux antibiotiques, le problème que nous pose la pression vaccinale et l'ignorance qui est encore la nôtre en matière de lutte contre le sida, le cancer, la vulnérabilité génétique de certaines populations.
Aujourd'hui les populations du sud sont les premières à pâtir de nos insuffisances. Le conflit qui a surgit sur l'accès aux médicaments peut apparaître comme un signe avant coureur d'antagonismes nord sud qui n'ont pas été anticipés. publics privés sont des modes de gestion efficaces et maîtrisés à la fois.
Le modèle durable sera largement fondé sur la coopération de tous les acteurs autour de programmes vitaux.
Les défis de santé et de progrès appellent désormais un engagement des scientifiques et un effort d'innovations.
Il est temps de réaffirmer la vocation d'universalité du chercheur, dans l'espace et dans le temps, qui doit le conduire à mettre le savoir fondamental à la disposition de tous, plus que jamais ?
De même que les grandes entreprises - Veolia produit un rapport annuel dit de responsabilité et de développement durable - ont à rendre compte désormais de leur « bilan sociétal », il pourrait être salutaire de solliciter le même examen de la part des grandes organisations scientifiques pour qu'elles s'interrogent mieux sur leur finalité et sur leur efficacité au regard du bien commun.
L'Institut Pasteur y réfléchit pour sa part. Nous sommes conscients aujourd'hui que la planification des recherches, publiques et privées, doit prendre en compte les priorités humaines et que l'action des organisations internationales n'exonère pas la recherche indépendante de répondre aux questions qui mettent en cause la durabilité de certaines régions et de certaines populations, comme en Afrique aujourd'hui. C'est pourquoi l'Institut Pasteur a le sentiment d'être fidèle à sa mission et à cette vision en collaborant étroitement aux programmes internationaux sur la vaccination, la recherche sur le sida et les maladies endémiques.
La science est ce qu'a produit de mieux la première révolution industrielle. La science sera t-elle la solution réaliste et opérante à ces enjeux qui sont devant nous et que nous savons bien décrire sans pouvoir les traiter ? Nous pensons que oui et voilà pourquoi nous pensons que c'est la mobilisation des savoirs scientifiques qui apportera le mieux et le plus vite les solutions durables à ces enjeux, si on en prend les moyens.
Nos deux organismes coopèrent aujourd'hui en mettant en commun leur réflexion, dans le cadre de la Conférence Environnement-Santé-Education.
Plus tard je souhaite que nous débouchions sur des échanges d'information et des programmes de recherche, en liaison avec les grands sujets qui nous occupent : la sécurité sanitaire liée à l'alimentation en eau, à la gestion des politiques d'assainissement, à la formation et à l'éducation des populations en matière d'hygiène et de gestion des besoins en eau.
C'est ainsi que nous menons, de part et d'autre, un combat contre les légionelloses qui constituent un risque de santé publique majeur, lié aux flux liquides et gazeux. L'expertise micro-biologique de Pasteur et la connaissance technique de Veolia peuvent sûrement aider à faire reculer ce fléau.
Il s'agit de susciter au travers « d'alliances scientifiques » des mobilisations internationales ambitieuses n'ayant d'autres but que de chercher pour trouver et de s'impliquer autant qu'il le faudra pour éliminer les risques et les menaces que nous n'acceptons pas.
Tel est l'esprit dans lequel deux institutions abordent l'interpellation du développement durable. Elles voient ce qui les rassemble, en dépit de justifications et d'organisations radicalement différentes, si elles veulent elles même exister demain et justifier toujours leur vocation propre.
L'Institut Pasteur |
| L'Institut Pasteur est une fondation privée à but non lucratif dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies, en priorité infectieuses, par la recherche, l'enseignement et des actions de santé publique. Implanté sur les 5 continents et regroupant 8 500 personnes, le réseau international des Instituts Pasteur poursuit les mêmes missions, dans les domaines de santé publique spécifiques aux pays où ils sont implantés. Afin que les résultats de sa recherche bénéficient rapidement au public sous forme de nouveaux produits, technologies ou services, l'Institut Pasteur noue des partenariats étroits avec l'industrie dans des domaines tels que : la santé humaine, l'environnement, l'agroalimentaire et l'hygiène. |
|---|