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    • La prévention sanitaire, un enjeu de formation
      • L'éducation à l'hygiène a joué un rôle déterminant dans l'allongement de la vie à partir du XIXème siècle - Velvl W Green

L'éducation à l'hygiène a joué un rôle déterminant dans l'allongement de la vie à partir du XIXème siècle - Velvl W Green

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, grâce à la révolution sanitaire, le taux de mortalité en Europe et aux Etats-Unis a baissé radicalement. De même, cette révolution a permis de lutter efficacement contre des maladies graves, tels le paludisme et la tuberculose.

Certains dressent du XIXème siècle un tableau idyllique : pas de préoccupation de pollution ni de changement climatique ! Il ne s'agissait pas pour autant d'une époque dorée.

Au milieu de l'époque victorienne, on s'aperçoit ainsi que l'espérance de vie moyenne, à Liverpool par exemple, était de 15 ans seulement. On constate également des pandémies du choléra en Europe en 1831-33, 1848-49, 1853-54, 65-67 et plus tard encore. Elles déciment les populations : à Londres 53 000 personnes sont mortes de cela en un an.

L'histoire de l'humanité est celle de fléaux, de méga mortalité, de bouleversements de la vie sociale. Et puis, tout d'un coup, il s'est passé quelque chose au milieu du siècle, vers 1860...

Deux évènements très importants sont survenus au XIXème siècle : le paludisme qui sévissait à Chicago, bâtie sur un marais, a disparu ; puis la variole, a elle aussi disparue. En 1838 on constate le déclin de la tuberculose aux Etats-Unis à partir de cette date, sans savoir précisément pourquoi. Il y a eu un déclin de la scarlatine également.

Les Etats-Unis n'ont pas de registre de mortalité à l'échelle nationale avant 1900, mais les statistiques locales montrent que le taux de mortalité commence à diminuer au milieu du XIXème siècle et continue de s'améliorer année après année, une véritable « révolution sanitaire ».

Ce phénomène, dont le mérite ne peut être attribué à un seul facteur, se perpétue actuellement, notamment en ce qui concerne la mortalité infantile. On peut lui donner un nom : le "grand éveil sanitaire".

Un certain nombre de personnes, au XVIIIème siècle ont commencé à se préoccuper des conditions de vie dans les prisons, dans les milieux pauvres. Cette référence a été reprise plus tard dans le mouvement hygiéniste. Le constat était simple : les gens étaient contaminés par les excréments des autres, ce qui provoquait choléra, typhoïdes et des diarrhées infantiles.

La révolution a consisté à nettoyer la saleté. La révolution sanitaire a commencé en France. C'est Pierre Charles Alexandre Louis, qui a inventé à la fin des années 1800, une méthode numérique pour traduire la médecine en termes de quantités, de statistiques. Il a eu un certain nombre d'étudiants qui ont essaimé, notamment celui qui a découvert l'origine de la typhoïde.

A Londres, à Hambourg, à Albany (Etat de New York), à Pittsburgh, l'assainissement de l'eau a permis de lutter contre les épidémies. Cela a enclenché un mouvement en faveur de l'hygiène au sens large.

S'agissant des diarrhées infantiles, l'hygiène a joué un rôle important dans les années 1890. Ainsi le catalogue Sears proposait-il à partir de cette époque des toilettes, baignoires et des savons de différente qualité. Il est aujourd'hui possible d'effectuer une relation entre la mortalité infantile et la consommation de savon. Il ne s'agit pas de minimiser les progrès de la médecine au XIXème siècle, mais de se rappeler que la lutte contre les épidémies était davantage due à l'hygiène qu'aux traitements médicaux.

L'hygiène représente un aspect essentiel de la Santé Publique aujourd'hui et il est dommage que les étudiants en médecine considèrent cette question comme une partie mineure de leur formation.