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- La prévention sanitaire, un enjeu de formation
- Quand l'école et la famille oeuvrent ensemble : quelques situation exemplaires - Loïc Monjour
- La prévention sanitaire, un enjeu de formation
Quand l'école et la famille oeuvrent ensemble : quelques situation exemplaires - Loïc Monjour
Les actions complémentaires aux programmes d'approvisionnement en eau, sensibilisation à l'hygiène et installation d'équipements d'assainissement, peuvent entraîner une diminution significative des taux d'incidence des diarrhées infantiles dans les pays en voie de développement. Conjuguer ces deux composantes de prévention et de développement socio - sanitaire est absolument nécessaire pour délivrer une eau potable et, ainsi, améliorer la santé des populations, en particulier des enfants.
Une étude très longue et coûteuse portant sur trois écoles de Ouagadougou (Burkina Faso ) a permis d'évaluer les conséquences de la mauvaise qualité de l'eau de boisson et de l'hygiène sur la santé des enfants. La première (1) était très favorisée, dotée d'un approvisionnement en eau potable, d'équipements d'assainissement (latrines, aires de destruction des déchets) et d'un programme d'éducation sanitaire portant sur la salubrité de l'eau et de l'environnement. La seconde (2) ne bénéficiait que d'une eau potable et d'une éducation à la protection de l'eau. Enfin, la troisième (3) ne disposait, ni d'eau potable, ni d'assainissement, ni de programme d'éducation à la santé.
Un groupe d'élèves de chaque école - vivant dans des conditions sanitaires familiales similaires à celles rencontrées dans leur milieu scolaire - participait à une étude comparative menée pendant 6 mois. Elle s'attachait à déterminer, régulièrement, la qualité de leur eau de boisson, la présence de bactéries et de parasites pathogènes dans leurs selles et le taux d'incidence des diarrhées inter groupes. Les différences s'avéraient significatives - école 1 (10%), 2 (36%), 3 (53%) - et, encore, plus importantes chez les plus jeunes enfants. Les élèves des écoles 1 et 2 avaient, respectivement, un risque relatif de diarrhées 5,2 et 3,5 fois inférieur à celui des élèves de l'école 3.
Ainsi, des actions conjointes et complémentaires : éducation à la santé, sensibilisation à l'hygiène et installation d'équipements d'assainissement - accompagnant les programmes d'hydraulique - peuvent entraîner une diminution très significative des taux d'incidence des diarrhées infantiles.
En revanche, sans informations et équipements sanitaires, la majorité des enfants des pays en voie de développement consomment, à longueur d'année et sans réserve, une eau insalubre, polluée par les nuisances pathogènes de l'environnement et dangereuse pour leur santé.
Un important progrès pour la santé pourrait découler d'une plus grande fréquentation des écoles. Moins de 40% des enfants africains y sont inscrits et les filles ne s'y aventurent guère, notamment en milieu rural. De plus, le terme « éducation à la santé » est quasi inconnu de tous en périphérie des villes et dans les campagnes. Dans ces conditions, privés d'informations sanitaires, enfants et adultes, communautés villageoises et périurbaines, vivent dans un environnement insalubre, à domicile et dans les quartiers. Aucune méthodologie ne leur est proposée, aucun code ou règlement d'hygiène ne leur est imposé pour améliorer, d'une part, leurs comportements et pratiques en matières d'hygiène domestique et publique, et d'autre part, leur confort et la santé communautaire.
Ainsi, sans actions de promotion de l'hygiène publique, et sans augmentation significative des pauvres ressources économiques familiales, les programmes d'assainissement se traduisent, souvent, par de faibles manifestations d'intérêt. Le paradoxe est d'occulter, encore aujourd'hui, une évidence : connaître les bonnes pratiques d'hygiène, avant et après la mise en place des infrastructures d'assainissement, conduit à améliorer la qualité de l'eau et à endiguer le flux des maladies infectieuses d'origine hydrique.
En fonction de ces constats du terrain, quelques propositions d'intervention peuvent être avancées, afin d'améliorer l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement, et la lutte contre les maladies diarrhéiques :
- Préconiser le traitement de tous les malades. Bien qu'illusoire, en raison des difficultés économiques des pays en voie de développement, de l'insuffisance en centres de santé et en personnel médical, c'est un premier enjeu de santé publique.
- Privilégier les stratégies de prévention sanitaire, n'omettant ni éducation à la santé et à l'hygiène, ni installations d'assainissement, au cours des projets d'hydraulique villageoise et urbaine.
- Associer dans le cadre de ces programmes concertés, décideurs, partenaires et bénéficiaires : institutionnels, services de santé et d'hygiène, de l'hydraulique, de l'éducation, sociologues et, surtout, société civile, chaînons nécessaires, étape par étape, à la quête de l'eau potable et de la santé.
- Susciter le besoin en eau potable et en démontrer les bénéfices pour la santé ; en faire l'une des aspirations majeures de la population.
- Enfin, ne pas négliger, dans les programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, les connaissances traditionnelles et le potentiel d'innovation des communautés même si, à l'avenir, les municipalités consentent à appliquer les codes gouvernementaux d'hygiène, documents officiels de santé publique.
Avant que la pollution des ressources en eau potable ne s'accroisse, en raison de l'explosion démographique et de l'urbanisation effrénée dans les pays en voie de développement, il est de la plus grande urgence, pour la santé publique, d'appliquer ces diverses propositions. Et, surtout, de mobiliser, rapidement, des financements nationaux et internationaux pour en faire usage.