INSTITUT Veolia Environnement

La connaissance, pilier du Développement Durable

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    • Elargir la vision et bousculer les schémas...
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Secouer les attitudes, les idées reçues et les comportements établis - Bernard Kouchner

La globalisation doit d'abord concerner le dialogue, l'information, le partage. C'est notre objectif, pour aujourd'hui. Pas une seule décision sans cette mondialisation. Mais ce mouvement n'est pas suffisamment présent dans notre pays. Nous n'affectons que 0.23% au développement des pays pauvres.Dans le passé, on a trop tenté d'opposer l'urgence humanitaire et développement. Mais très vite, on s'est aperçu que l'urgence influençait également les conditions de vie des populations, et que cette action était complémentaire de celle menée en matière de développement. Très souvent, dans les deux cas, l'engagement repose sur la formation locale, le plus en amont possible. 

Après Médecins sans frontières, nous travaillons aujourd'hui à un concept nouveau, celui de « malades sans frontières ». Je suis convaincu que la mondialisation sera positive du point de vue de la santé, si certaines conditions sont remplies. Les alter-mondialistes, dont je soutiens les exigences, ont du mal à accepter qu'un certain nombre de progrès aient pu être réalisés, à travers un mouvement qui n'est pas seulement médical mais économique. Que l'on se souvienne que l'éradication mondiale de la variole fut un succès. Et demain ce sera la poliomyélite.

En ce qui concerne le développement durable, des promesses lors du Sommet de Johannesburg ont été faites. Où en est-on deux ans plus tard ? Les déclarations non suivies d'effets sont choquantes. Le développement durable demeure un objectif, les réalisations traînent.

La formation des populations ne suffit pas, il faut apprendre à travailler ensemble

Le problème ne réside pas dans le seul fait d'assurer la formation des populations locales. Former de telles populations est naturellement utile, mais ce n'est pas suffisant. Il faut pouvoir former des personnes aux compétences très pointues, des spécialistes. Il est nécessaire de disposer de systèmes de santé qui puissent prévoir les problèmes et de renforcer les capacités de tous les pays du monde pour créer cette passerelle entre la connaissance et la solution. Si une telle démarche n'est pas entreprise, les scientifiques resteront isolés, coupés du monde réel en demeurant dans leur tour d'ivoire, et les politiques prendront des décisions sans base scientifique, et les populations concernées au premier chef en souffriront.
Mamphela RAMPHELE Directeur Général, Banque Mondiale