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Rapport n°2 : Une approche intégrée de la contestabilité économique et sociale d'une entreprise
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Sommaire du rapport n°2
- Préface de Denis Gasquet
Préface de Denis Gasquet
Quel entrepreneur n'a pas un jour été saisi par le paradoxe de la difficulté à transformer un succès technique, économique ou commercial en avancée sociale ? Comment se fait-il que l'acceptation sociale des apports des spécialistes d'une discipline ou d'une activité ne soit pas immédiate, que la reconnaissance du bien commun engendré par la réalisation positive d'un projet industriel n'aille pas de soi ? Pourquoi une entreprise leader sur son marché, lorsqu'elle innove, lorsqu'elle rend à l'évidence (croit-elle au-delà de ses performances économiques) moult services à la société, lorsqu'elle crée des richesses pour tous, lorsqu'elle améliore le cadre et les conditions de vie, lorsqu'elle participe à protéger l'environnement avec une réussite visible et objective n'entraîne-t-elle pas une adhésion totale et sans condition ? Pourquoi en revanche, par un mécanisme obscur et un peu diabolique, ou par un effet de l'un des grands principes d'équilibre de nos sociétés humaines, ces succès provoquent souvent des réactions d'exaspération, des remises en cause et des doutes, comme si toute réussite portait en elle-même les ferments de sa propre contestation ?
C'est à cette question de la contestabilité sociale des entreprises de l'environnement que se sont attelés Olivier Godard et Ignace Adant du Laboratoire d'Econométrie de l'Ecole Polytechnique de Paris. Il est intéressant de noter que leurs études ouvrent la voie à une meilleure compréhension des mécanismes de régulation sociale des activités économiques les plus utiles à la société elle-même. Une telle approche permet de commencer à objectiver ce que pourraient être à l'avenir des démarches d'acceptation sociale poursuivies par les entreprises.
Peut être pourrons-nous, dans un futur idéal, dépasser les conflits d'intérêts qui si souvent stérilisent l'action et développer nos activités industrielles dans un monde pacifié et compréhensif car nous aurons su en amont prendre en compte d'autres points de vue.
Mais ne faut-il pas aussi souhaiter que des analyses divergentes, des intérêts contradictoires, des visions radicalement différentes viennent aussi contester nos réalisations ? C'est souvent de là que sont venues et que viendront demain, de nombreuses avancées sociales qui seront alors considérées comme naturelles.
Denis Gasquet
Directeur général de CGEA-Onyx
et Directeur général adjoint de Veolia Environnement