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Rapport n°1 : "Développement urbain : les nouvelles contraintes"
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Sommaire du rapport n°1
- Entre innovation technologique et contraintes financières : les nouvelles marges de manœuvre pour structurer le développement urbain
- Les contraintes économiques et financières du développement urbain (Conférence de Rémy Prud'homme)
- Le développement urbain, une chance à saisir ?
- Les contraintes économiques et financières du développement urbain (Conférence de Rémy Prud'homme)
- Entre innovation technologique et contraintes financières : les nouvelles marges de manœuvre pour structurer le développement urbain
Le développement urbain, une chance à saisir ?
Lorsque l'on parle de développement urbain, l'idée la plus répandue qui y est associée est celle de malheur. Il faut cependant y voir une chance, puisque la richesse est concentrée dans les villes, et particulièrement dans les grandes villes. En effet, dans tous les pays on observe une courbe dont la forme est identique : le revenu par habitant augmente avec la taille de la ville.
Un exercice intéressant consiste à calculer le PIB des grandes villes du monde. Le PIB est en effet souvent utilisé pour caractériser un pays, alors que l'on rapporte souvent une ville à sa population. Les résultats figurent dans le tableau suivant :
PIB des grandes villes du monde en l'an 2000, en milliards de
dollars, et comparaisons (les conversions en dollars ont été faites
selon les recommandations de la Banque Mondiale).
| Tokyo | 1440 |
France | 1429 |
|---|---|---|---|
| New York | 1050 |
Chine | 1064 |
| Los Angeles | 620 |
Brésil | 607 |
| Paris | 510 |
Inde | 471 |
| Chicago | 400 |
Australie | 394 |
| Osaka, San Francisco | 380 |
Pays-Bas | 365 |
| Washington | 310 |
Afrique sub-saharienne | 313 |
| Boston | 260 |
Russie | 250 |
| Hong-Kong | 180 |
Turquie | 200 |
| Séoul, Toronto, Mexico | 150 |
Indonésie | 150 |
| Sao Paulo | 110 |
Grèce | 112 |
| Singapour | 100 |
Egypte | 100 |
| Bangkok, Istanbul | 60 |
Pakistan | 65 |
| Shanghai | 50 |
Pérou | 54 |
| Le Caire | 33 |
Maroc | 36 |
| Manille | 25 |
Vietnam | 26 |
| Jakarta | 16 |
Tunisie | 20 |
.
Ces données donnent la production des villes, aux prix du marché, donc représentent une certaine capacité d'achat. On ne peut être que frappé par le contraste entre le grand nombre d'études réalisées sur les pays, et le très petit nombre d'études effectuées sur les villes. A ce titre, cette étude est intéressante car elle rapporte la richesse produite à un territoire. Elle permet la reconnaissance de la ville comme acteur, comme lieu de responsabilité politique. Il y a dix ou quinze ans, l'aide au développement était anti-urbaine. On observe depuis sept ou huit ans une évolution tendant à prouver que le développement des pays passe par celui des villes et non plus seulement par celui des campagnes.
On peut maintenant se demander pourquoi les revenus sont plus élevés dans les villes. L'idée selon laquelle les villes exploiteraient les campagnes est une explication largement répandue mais qui n'est pas correcte. En France par exemple, l'idée de la province payant le transport collectif de l'Ile de France est une idée totalement fausse. L'explication peut être comprise par le graphique ci dessous.
On voit donc un transfert des régions les plus riches vers les régions plus pauvres, même si les contributions sont régressives et les dépenses plus importantes en ville. Les revenus sont donc plus élevés dans les villes parce qu'elles ont une plus grande productivité. Par exemple, la productivité à Paris (entendu au sens large, c'est-à-dire concrètement en Ile de France) est 35 à 45 % plus élevée qu'en province. On peut même ajouter que, contrairement à l'idée fausse de l'exploitation des campagnes par la ville, la ville fait augmenter la productivité de l'hinterland, et que plus une zone agricole est proche d'une ville, plus sa productivité est grande.