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Rapport n°3 : Protection financière des infrastructures critiques
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Sommaire du rapport n°3
- Incertitude et assurabilité des risques catastrophiques : Pourquoi le terrorisme est-il différent?
- Potentialité de pertes catastrophiques
- Incertitude et assurabilité des risques catastrophiques : Pourquoi le terrorisme est-il différent?
Potentialité de pertes catastrophiques
Comme nous l'avons vu plus haut, les attentats du 11 septembre ont montré une nouvelle forme de terrorisme, bien plus dévastateur que ce qui était connu auparavant. Du fait de la forte concentration de biens et d'activités dans le World Trade Center, les montants de remboursement ont été particulièrement élevés pour les assureurs et réassureurs. Ainsi, les Lloyd's ont payé 2,9 milliards d'indemnisations, et ont frôlé de peu la faillite. Munich Re et Swiss Re, les deux leaders mondiaux de la réassurance, ont payé 2,4 milliards de dollars chacun. Parmi les grands assureurs, Allianz, AIG et Axa ont payé 1,3 milliards de dollars, 820 millions et 550 millions de dollars, respectivement. (Hartwig, 2002).
Une étude récente, portant uniquement sur la couverture des salariés (worker's compensation, pour lequel le terrorisme ne peut être exclu des polices), analysait ainsi plusieurs scénarios jugés plausibles par certains experts. L'explosion d'une bombe dans l'immeuble du Rockefeller Center à New York à une heure de pointe engendrerait ainsi des montants de remboursement d'assurance estimés à plus de 7 milliards de dollars (Towers Perrin, 2004).
La crise de l'anthrax de l'automne 2001 a montré notre vulnérabilité face à des attaques utilisant des armes de destruction massive de types chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN). Selon la même étude, une attaque de grande échelle à l'anthrax contre la ville de New York serait particulièrement dévastatrice, ayant le potentiel d'engendrer des coûts directs de remboursement d'assurance (indemnisation des salariés) de plus de 90 milliards de dollars (Towers Perrin, 2004). Dans ces deux cas, les montants ne concernent que les impacts directs sur les salariés victimes de l'attaque.
Plusieurs autres scénarios montrent que les pertes économiques associées à des interruptions d'activités pourraient avoir des conséquences financièrement bien plus lourdes encore, et pour beaucoup ne seraient pas couvertes par l'assurance. Par exemple, une attaque de grande échelle sur un des grands ports internationaux (Rotterdam) pourrait nécessiter la fermeture provisoire de celui-ci, et engendrer en cascade des conséquences économiques difficilement quantifiables à l'échelle internationale pour l'ensemble des compagnies (et leurs clients) transportant leurs produits par voie maritime, et fonctionnant pour la très grande majorité en flux tendu. L'éventualité d'utiliser des containers maritimes comme armes de destruction au sein d'un réseau maritime mondial fonctionnant en flux ininterrompu conduit à des pertes économiques encore supérieures (Flynn, 2004). Le détournement des avions le 11 septembre 2001, les attaques à l'anthrax ou les attaques à la bombe contre des trains de passagers le 11 mars 2004 en Espagne ont montré la capacité de groupes terroristes particulièrement informés à détourner de leur usage traditionnel nos propres réseaux pour infliger des pertes humaines et économiques à très grande échelle (Michel-Kerjan, 2003).