- Accueil
- Rapport n°3 : Protection financière des infrastructures critiques
Rapport n°3 : Protection financière des infrastructures critiques
-
Sommaire du rapport n°3
- Incertitude et assurabilité des risques catastrophiques : Pourquoi le terrorisme est-il différent?
- Manque de données historiques et symétrie non-informationnelle
- Incertitude et assurabilité des risques catastrophiques : Pourquoi le terrorisme est-il différent?
Manque de données historiques et symétrie non-informationnelle
Contrairement à d'autres risques pour lesquels nous disposons dans le domaine public de données historiques assez importantes (inondations, tremblements de terre, etc), les données disponibles dans le domaine public sur les actes de terrorisme sont assez limitées. Cela résulte à la fois de la nature changeante du risque même, qui permet difficilement d'extrapoler depuis les données du passé (voir paragraphe suivant), et du fait que pour des raisons évidentes de sécurité nationale les assureurs n'ont pas accès aux données récoltées par les services de renseignements gouvernementaux.
Comme nous le soulignions dans des travaux récents, la nature de l'information disponible sur d'éventuelles nouvelles attaques est tout à fait originale, et mérite donc une attention particulière, pour élaborer des politiques publiques ou des stratégies de marchés pour les assureurs/réassureurs. Quelle est-elle ? Traditionnellement, l'intervention publique dans les marchés d'assurance se voit justifiée en partie pour des raisons de défaillances de marché (notamment l'antisélection due à une asymétrie d'information assureurs/assurés). Dans le cas du risque terroriste, le problème est plutôt qu'il existe une symétrie de non information entre les assureurs et leurs assurés quant aux risques encourus à couvrir. En effet, pas plus les assureurs que les assurés eux-mêmes ne disposent d'information probante sur ces risques. S'il existe bien une asymétrie d'information, celle-ci se situe entre le gouvernement et les compagnies d'assurance couvrant les risques : le gouvernement dispose a priori d'une meilleure information sur ces risques, notamment grâce aux services de renseignements, d'espionnage et de contre-espionnage et à la coopération intergouvernementale en matière de lutte anti-terroriste. Cependant, au nom de la sécurité de l'État, de telles informations ne sont pas rendues publiques. Les problèmes d'asymétrie d'information ex ante, observés dans une relation traditionnelle assureur/assuré, ne se posent guère pour le risque de terrorisme de masse(26) (Michel-Kerjan, 2003).
(26) Dans la relation assureur/assuré pour la couverture contre les attentats, si problème d'aléa de moralité il y a, il se pose essentiellement ex post.