- Accueil
- Rapport n°4: Combien dépenser pour la Protection de la Santé et de l'Environnement
Rapport n°4: Combien dépenser pour la Protection de la Santé et de l'Environnement
-
Sommaire du rapport n°4
- Évaluation monétaire
- Réchauffement global
- Évaluation monétaire
Réchauffement global
L'évaluation des dommages dus au réchauffement global est extrêmement complexe ; voir par exemple Tol et al. [2001]. Cette tâche est d'autant plus complexe que non seulement les impacts à prendre en compte sont nombreux et se présentent dans tous les pays du monde, mais aussi parce que une partie de leurs effets n'apparaîtront que dans plusieurs décennies ou siècles et qu'il faut estimer l'évolution de ces coûts dans un avenir lointain. Outre les incertitudes résultant de ces calculs, apparaissent des controverses éthiques à propos de l'évaluation de la mortalité dans les pays en développement (où surviendront les principaux impacts) et du choix du taux d'actualisation intergénérationnel.
Plusieurs études importantes ont publié des estimations du coût par tonne de CO2eq, l'indice eq indiquant que les résultats peuvent également être utilisés pour les gaz à effet de serre en multipliant leur masse par leur global warming potential GWP (potentiel de réchauffement global). La plupart des résultats se trouvent dans l'intervalle de 1 à 50 €/tCO2eq, la largeur de l'intervalle s'expliquant part les incertitudes. L'équipe d'ExtrenE à mené deux tentatives d'évaluation. La première, en 1998, a produit une estimation haute et une estimation basse, avec une moyenne géométrique de 29 €/tCO2eq ; la seconde, en 2000, a donné une valeur beaucoup plus basse de 2.4 €/tCO2eq en raison d'hypothèses plus optimistes et de la prise en compte d'avantages comme les augmentations de la production agricole dans les pays froids. La phase actuelle d'ExternE utilise la valeur de 19 €/tCO2eq qui correspond, pour l'Union européenne, au coût de la réduction des émissions résultant de son engagement dans le protocole de Kyoto. Il représente donc une évaluation implicite par les décideurs de l'Union européenne. Il s'agit en effet du coût imposé à l'UE en conséquence des augmentations d'émissions sur son territoire. Le choix de ce chiffre apparaît comme raisonnable au vu des estimations publiées dans la littérature.