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Rapport n°4: Combien dépenser pour la Protection de la Santé et de l'Environnement
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Sommaire du rapport n°4
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Plan de l'analyse
Pour calculer les bénéfices, c'est à dire les dommages évités, il faut effectuer une « impact pathway analysis » ou Analyse des Voies d'Impact (AVI), retraçant le passage d'un polluant depuis son émission jusqu'aux récepteurs affectés (populations, cultures, forêts, bâtiments, etc.). Les étapes principales d'une IPA sont :
• Emission : spécification des technologies et polluants concernés (par exemple le nombre de kg de NOx émis par GWh produit par une centrale électrique).
• Dispersion : calcul des augmentations de concentration des polluants dans toutes les régions touchées, par exemple la concentration accrue d'ozone, en utilisant des modèles de dispersion atmosphérique et de la chimie de la formation d'ozone due au NOx (cette étape est également désignée sous le nom « environmental fate analysis », tout particulièrement lorsque des parcours plus complexes à travers la chaîne alimentaire sont concernés) ;
• Impact : calcul de la dose résultant de l'augmentation de la concentration et calcul des impacts (dommages en unités physiques) de cette dose, en utilisant une fonction dose-réponse, par exemple les cas d'asthme provoqués par l'augmentation de l'ozone ;
• Coût : évaluation économique des impacts, par exemple multiplication par le coût d'un cas d'asthme.
Les impacts et coûts sont totalisés pour tous les récepteurs concernés. Ce travail nécessite une analyse pluridisciplinaire, en utilisant les compétences d'ingénieurs, modéliseurs de dispersion, épidémiologistes, écologistes et économistes. La présente étude est basée sur les résultats des projets ExternE de la Commission Européenne (l'auteur a participé à toutes les phases de ce projet depuis 1992, et il en a coordonné la phase ExternE-Pol, 2002-2004). Les résultats d'une IPA sont le coût des dommages par kilo de polluant émis, (cf. Fig.5). Les étapes de l'AVI sont décrites dans le chapitre suivant.
Le lecteur peut s'interroger sur la différence entre une AVI et une étude d'impact (EI), exigée pour autoriser l'installation d'une usine, d'une centrale électrique, d'un incinérateur, etc. Le but d'une EI est d'assurer que personne ne se trouve exposé à un risque ou une perte inacceptable. Etant donné que les expositions les plus fortes sont locales, une EI peut se contenter d'une analyse localisée, ne dépassant pas parfois un rayon de 10 km. Une EI ouvre donc la possibilité d'un veto si l'installation en question est considérée comme inacceptable. Par contre, pour calculer les coûts totaux des dommages, il faut une AVI totalisant tous les récepteurs affectés (pour la plupart des polluants atmosphériques émis en Europe, c'est le continent tout entier qui est touché, et pour les gaz à effet de serre, il s'agit de toute la planète). Le coût des dommages est surtout utile aux décideurs au niveau national ou international et plus généralement à tous ceux concernés par les impacts globaux.
Dans de nombreux cas, lorsqu'un choix environnemental est à faire, il faut examiner non seulement une source particulière de polluants, mais aussi la chaîne entière de processus au moyen d'une analyse du cycle de vie (ACV). Par exemple, la comparaison des différentes technologies productrices d'électricité entraîne une analyse de la chaîne des combustibles, comme indiqué à la Fig.1. Selon le type de décision à prendre, on aura besoin soit d'une IPA pour une source unique, soit d'une ACV pour la chaîne partielle ou entière. Pour connaître la limite optimale d'émission de NOx par un incinérateur, une IPA suffira. Par contre, pour choisir entre l'incinération ou l'enfouissement des déchets, il faut une ACV.
En principe, les dommages et les coûts afférents à chaque source de pollution d'une ACV devraient être évalués par une IPA spécifique au site de la source. Mais en pratique, presque toutes les ACV simplifient l'évaluation en faisant d'abord la somme des émissions à tous les stades pour ensuite multiplier le résultat par des indicateurs d'impact qui sont les mêmes pour tous les sites. En outre, la plupart des praticiens d'ACV rejettent le concept d'une évaluation monétaire, préférant y substituer une dizaine d'indicateurs « d'impact potentiel » non monétaires basés sur des avis d'experts.