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Rapport n°5 : Symbolique et culture de l'eau
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Sommaire du rapport n°5
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La sécheresse vient à bout des cultures
Sans eau, les civilisations périclitent et meurent -car même si les causes peuvent être multifactorielles comme l'a excellemment montré le professeur Jared Diamond de l'Université de Californie (UCLA) lors d'une conférence à Princeton, en octobre 2002- l'eau joue un rôle déterminant dans ces disparitions que ce soit à Angkor, dans la vallée de l'Indus, les îles de Pâques ou chez les Mayas. Jared Diamond a minutieusement étudié les causes de l'extinction de la civilisation des Indiens Anasazis qui habitaient le Colorado, l'Utah, l'Arizona et le Nouveau Mexique, civilisation qui a commencé à se développer dès l'an 600 avec l'introduction du maïs, de la courge et du haricot mexicains. Les Anasazis étaient assez ingénieux pour survivre dans un environnement à la pluviométrie imprévisible et aux sols plutôt pauvres. Ils pratiquaient l'agriculture irriguée et on a retrouvé des canaux de très bonne facture. Ils ont été en mesure de construire, à Chaco Canyon et à Pueblo Benito, des « gratte-ciel » de six étages assez grands pour comprendre jusqu'à six cents chambres. Mais, ils ont saccagé leur environnement par un abattage excessif d'arbres. On peut suivre très précisément les dégâts commis grâce à la datation fournie soit par le radiocarbone soit par l'examen des anneaux des arbres utilisés comme poutres de plafond. Ils ont été contraints d'aller de plus en plus loin pour satisfaire leurs besoins en bois de construction et de chauffe. Puis, sous l'effet des fortes précipitations, les canaux d'irrigation se sont peu à peu transformés en arroyos(120) de 10 mètres de profondeur rendant impossible l'agriculture irriguée d'autant qu'il n'y avait pas de pompes à l'époque ! Les sécheresses se sont succédées en 1040 puis en 1090 et enfin en 1117. En dépit des prières adressées aux dieux sur la place du village ou dans le secret de la kiva souterraine, les pluies ne furent pas au rendez-vous et la civilisation Anasazis disparut. Jared Diamond écrit pour expliquer cette catastrophe : « Grâce aux anneaux des arbres, à leur largeur et grâce à la compréhension des impacts environnementaux, nous connaissons la pluviométrie précise pour chaque année et nous en déduisons ainsi la sévérité de la sécheresse ».
Plus généralement, Mark Maslin(121), du département de géographie d'University College de Londres, attribue la disparition de nombreuses civilisations aux changements climatiques (civilisation Hilmand en Afghanistan, culture Hongshan en Chine...).
S'agissant de l'Amérique Centrale au cours de la période médiévale froide, Maslin affirme que la succession des sécheresses a provoqué l'effondrement de la civilisation Maya à l'âge classique. Cet auteur pense que si les Mayas avaient anticipé leur vulnérabilité aux longues périodes de pénurie d'eau et s'ils avaient mis en oeuvre « de nouvelles sources d'eau, de nouveaux moyens pour l'emmagasiner et s'ils avaient établi une liste de priorité pour son usage en période de rareté », ils auraient probablement survécu.
Il y a là de fortes leçons à méditer au regard de nos comportements actuels vis-à-vis de l'eau.
(120) Chenal ordinairement à sec, transformé en torrent temporaire après les pluies, dans les pays tropicaux (Le Petit Larousse Illustré, 100ème édition, 2005).
(121) Mark Maslin, « Global warming », Oxford University Press, Oxford, 2004.