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Rapport n°5 : Symbolique et culture de l'eau
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Sommaire du rapport n°5
- L'eau dans le Coran : symbolique et fondements d'une culture de l'eau
L'eau dans le Coran : symbolique et fondements d'une culture de l'eau
« Avant de concevoir Sa Création, Dieu était dans un nuage, au milieu des airs. Puis Il créa Son Trône au-dessus de l'eau ».
Hadîth (Dit authentique du Prophète)
Le Coran est le Livre par excellence, Al Kitab, paroles de Dieu transmises au Prophète Muhammed par l'archange Gabriel. Il compte 114 sourates ou chapitres d'inégale longueur. Chaque sourate est composée de versets (ayât ou signes de Dieu).
Pour le Coran, l'eau est l'élément essentiel de la Création et il y revient si souvent - 63 fois - que certains vont jusqu'à parler de « l'obsession » ou de « l'ensorcellement » du Livre Saint pour cet élément.
Dans la culture arabe, cet immense intérêt du texte sacré pour l'eau n'a rien d'étonnant. En effet, dans son fameux traité « L'eau dans la pensée islamique et la littérature arabe », le Professeur Muhammed bin Abdulaziz écrit :« Il suffira de dire que les Arabes lui vouent une telle passion et placent tant d'espoir dans sa survenue, qu'on a pu à bon droit les qualifier de « fils de l'eau du ciel ». Chez les Arabo-Musulmans, la meilleure chose qu'on puisse souhaiter à celui dont on attend une faveur, c'est que « Dieu l'abreuve ». Pensant à des jours de bonne entente et de quiétude, où les âmes trouvent la sérénité, ils les qualifieront de masqa Allah, c'est-à-dire « irriguées par Dieu.»
Même ceux qui, au début de l'Islam, traitaient Muhammed d'imposteur, le mettaient au défi de réaliser des miracles en rapport avec l'eau !
« Nous ne te croirons pas, à moins que tu ne fasses jaillir de la terre une source d'eau vive ;ou à moins que tu n'aies un jardin planté de palmiers et de vignes, et que tu fasses jaillir des torrents au milieu de ce jardin(51) » (Sourate Les Fils d'Israël, v. 92 - 95). Ce qui, bien évidemment, n'est pas sans rappeler la Bible quand l'Eternel ordonne à Moïse : « Passe devant le peuple et prends avec toi les anciens d'Israël ; prends aussi dans ta main ta verge avec laquelle tu as frappé le fleuve, et marche ! Voici, je me tiendrai devant toi sur le rocher d'Horeb ; tu frapperas le rocher, il en sortira de l'eau et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi, aux yeux des anciens d'Israël » (Exode, 17, 5 - 6). La Bible, de son côté, traite très souvent de l'eau (Lévitique, Genèse I et II) tant au sens propre que métaphorique : elle y est « créature de Dieu » et « bienfait divin » mais son absence empêche les fidèles de remplir leurs obligations d'une part et elle apporte dans son sillage, d'autre part, sécheresse et désolation.
(51) Nous avons utilisé deux traductions du Coran : celle de Muhammad Hamidullah (avec la collaboration de Michel Leturny), Club français du livre, Paris, 1959 et celle de Jacques Berque, Sindbad, Paris, 1990. Nous avons toujours opté pour la version la plus parlante pour le lecteur francophone, loin de toute érudition ou spécialisation.