INSTITUT Veolia Environnement

Rapport n°6 : Transports collectifs urbains

Sites propres pour autobus : de Bogota aux contextes urbains d'Europe

Les milieux professionnels et politiques du transport collectif ne sont pas étrangers aux phénomènes de mode, qui font surgir des cas exemplaires destinés à se diffuser ou du moins à servir de guides à des adaptations innovantes. Tel est le cas du réseau d'autobus rapides de Bogota, en Colombie, ville qui ravit le rôle de vedette longtemps tenu par Curitiba au Brésil. Bogota est une agglomération de l'ordre de 7 millions d'habitants. Sa croissance démographique et spatiale a été très vive, puisque l'agglomération ne comptait que 700 000 habitants au début des années cinquante. Elle se poursuit aujourd'hui en raison tout à la fois d'une forte croissance naturelle et de l'exode rural, dans la mesure où elle est la capitale et le centre économique dominant du pays. L'agglomération s'étend sur 10 km d'Est en Ouest, et un peu plus de 20 km du Nord au Sud. Larges avenues, véritables autoroutes urbaines pénétrantes qui cisaillent une trame viaire régulière, tracée de façon quadrangulaire à perte de vue, « gratte-ciel », parcs, telle est la ville moderne conçue à l'américaine, qui jouxte une ville ancienne, coloniale, et d'immenses quartiers populaires constitués d'un semi dense de maisons et de petits immeubles collectifs. Bogota est une ville dont la morphologie est inconnue en Europe. Le niveau de vie de la population est également bien inférieur à celui des Européens. Le taux d'équipement des ménages en voiture ne dépasse pas 20%. De plus, la population fait elle-même l'objet d'une forte ségrégation sociale, les classes populaires vers le sud, la classe aisée au nord.