Institut Veolia Environnement

Synthèse du rapport n°7

Le rapport Stern sur l'économie du changement climatique : de la controverse scientifique aux enjeux pour la décision publique et privée

Le succès médiatique du rapport Stern vient de ce que son message inquiétant sur les dommages du changement climatique est lancé non par des écologistes, mais par un ancien économiste en chef de la Banque Mondiale, mandaté par le gouvernement anglais. On ne peut donc totalement séparer l'analyse du contenu du rapport et celle de son contexte, si on veut pouvoir en saisir les implications pour les décideurs.

En particulier, le rapport Stern prend son sens dans une gesticulation géopolitique entre le Royaume-Uni et les USA, et son tempo de publication a été calculé pour influer sur le quatrième rapport du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat (GIEC), fût-ce au prix de quelques « prises de risques » scientifiques. Ce mélange entre science et politique a suscité de fortes réactions, les plus critiques accusant Stern soit d'avoir fait un rapport politisé, soit d'avoir soutenu une thèse juste (il faut agir vite) sur de mauvais arguments (nous en savons assez sur les impacts futurs pour pouvoir les chiffrer, et ces évaluations chiffrées justifient l'action). Il est ainsi symptomatique que les controverses se soient concentrées sur la partie concernant l'évaluation des dommages, alors que ce thème ne représente qu'un cinquième du rapport et que les questions sur l'action préventive de décarbonisation et la coordination internationale des politiques climatiques sont tout aussi importantes.

La présente analyse se propose de discuter le rapport Stern à la fois sur la question des dommages et de leur évaluation et sur celle de la mise en œuvre des politiques de décarbonisation, puis d'aborder les conséquences stratégiques à en tirer pour les acteurs économiques.