**Peter Stenvinkel**   
**Professeur de néphrologie à l'Institut Karolinska de Stockholm**



 

 

 



Le changement climatique affecte la santé à l’échelle mondiale en intensifiant le stress thermique et hydrique, l’insécurité alimentaire et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. Ces facteurs contribuent à l’augmentation des maladies cardiovasculaires, rénales, respiratoires et métaboliques. Les atteintes rénales, en particulier, se multiplient sous l’effet combiné de la chaleur et de la pollution croissante.   
Face à cette dégradation du paysage sanitaire, le présent article explore des approches inspirées de la nature, notamment le biomimétisme, qui s’appuie sur les stratégies développées par les systèmes biologiques. Certains animaux présentent en effet une résistance remarquable à des conditions qui s’avèrent particulièrement délétères pour l’être humain, telles que l’ischémie ou les températures extrêmes. C’est le cas, par exemple, des ours, des rats-taupes nus ou encore des éléphants de mer. L’étude de leurs mécanismes d’adaptation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour prévenir ou traiter des maladies chroniques, notamment celles aggravées par le changement climatique. Toutefois, la recherche médicale biomimétique demeure encore insuffisamment financée et développée, tandis que l’érosion de la biodiversité menace ce réservoir unique d’innovations biologiques.   
Dans ce contexte, la protection des écosystèmes, associée à une transformation des régimes alimentaires et des systèmes de santé, apparaît essentielle pour construire des systèmes de santé plus résilients face au changement climatique.



 

 

 



 

 

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