Purifier l’air intérieur grâce aux plantes et bactéries : les expériences de la NASA et du projet Biosphere 2

Purifier l’air intérieur grâce aux plantes et bactéries : les expériences de la NASA et du projet Biosphere 2

Bill C. Wolverton,
Chercheur, NASA et Wolverton Environmental Services

Mark Nelson,
Chercheur, Institute of Ecotechnics, Space Biosphere Ventures (Biosphere 2) et Wastewater Gardens International

La phytoremédiation est le processus par lequel les plantes et les bactéries de leurs systèmes racinaires éliminent les polluants de l’air et de l’eau. Ces propriétés purifiantes ont été découvertes dans le cadre d’expériences sur les vols spatiaux habités : dans les années 1980, des scientifiques du John C. Stennis Space Center ont révélé la capacité des plantes d’intérieur à éliminer les composés organiques volatils (COV) présents dans les espaces étanches. D’autres recherches, comme la construction de l’installation Biohome, ont débouché sur certaines avancées scientifiques et permis de mieux comprendre comment optimiser la capacité des plantes d’intérieur à purifier l’air. L’expérience a montré que les plantes d’intérieur étaient capables d’éliminer les émanations permanentes de COV au sein d’un système clos, grâce à l’action combinée des feuilles et des bactéries des racines (par métabolisation, translocation et/ou transpiration).

Parallèlement, les expériences menées par Mark Nelson sur Biosphere 2 ont démontré qu’il était possible d’assurer la biofiltration de l’air tout en maintenant un niveau élevé de productivité des cultures et de fertilité des sols. Les recherches de Biosphere 2 sur la biofi ltration plantes/terre montrent que l’efficacité à éliminer les traces de gaz dépend de la présence, dans la terre, d’un microbiote capable de les métaboliser.

Ces deux expériences montrent que la biofiltration végétale est une technologie prometteuse, qui pourrait contribuer à résoudre des problèmes posés par la pollution atmosphérique dans le monde. Ces solutions ont un vaste champ d’application et, par rapport aux technologies concurrentes, sont beaucoup plus avantageuses en termes d’investissement et de coûts d’exploitation. Il serait donc judicieux de les appliquer beaucoup plus largement, en particulier à l’intérieur des bâtiments.

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La Revue de l'Institut Veolia - Qualité de l'air intérieur (2.95 Mo)