- Ana Pinheiro Privette, Université de l’Illinois, Urbana-Champaign
Alors que l’intelligence artificielle (IA) occupe une place croissante dans les services publics, son empreinte hydrique demeure largement sous-estimée. Cet article analyse la consommation d’eau de l’IA à travers le fonctionnement des centres de données, en distinguant la consommation directe liée au refroidissement, la consommation indirecte associée à la production d’électricité et l’eau indirecte incorporée dans la fabrication des équipements informatiques.
Bien que la consommation globale d’eau des centres de données reste inférieure à celle de secteurs majeurs, leur croissance rapide et leurs impacts locaux peuvent accentuer le stress hydrique, en particulier dans les régions déjà vulnérables, et générer des conflits d’usage avec les autres besoins économiques et résidentiels. L’article souligne ainsi la nécessité d’aligner le développement de l’IA avec la planification territoriale des ressources en eau et les politiques environnementales.
Il identifie les principaux freins technologiques et propose des leviers d’action pour un déploiement de l’IA plus sobre en eau : innovations en matière de refroidissement et d’efficacité énergétique, pratiques de gestion circulaire de l’eau, meilleure intégration des centres de données dans la gouvernance locale de l’eau et renforcement de la transparence via des rapports standardisés. L’article plaide enfin pour une approche multidisciplinaire afin de concilier innovation numérique et sécurité hydrique à long terme.