Vers une société de la sobriété : les conditions d'un changement de comportement des consommateurs

Valérie Guillard, Professeur des Universités
Changer ses pratiques de consommation implique de trouver du sens à d’autres façons de faire.
Valérie Guillard
Professeur à l'Université Paris-Dauphine

 

L’impact négatif des modes de vie sur l’environnement implique de dépasser l’économie circulaire (réemploi, recyclage, éco-conception) pour des modes de vie plus sobres. La sobriété est un mode de vie qui ne consiste pas uniquement à mieux consommer mais aussi et surtout à moins consommer. Elle se décline autant dans la consommation d’énergie, du numérique que dans celle des objets matériels. S’engager et cheminer dans une démarche de sobriété sont des façons d’être conditionnées par des changements de pratiques de la part du consommateur, unité d’analyse de cet article, et ce, tout au long du processus de consommation (perception et sens du besoin ; produits achetés et lieux d’achat ; usage et non-usage des objets ; dépossession).

Changer ses pratiques de consommation implique de trouver du sens à d’autres façons de faire ce qui conduit à revisiter le - voire remettre du - lien aux objets, à soi et à autrui. La sobriété remet ainsi au cœur du rapport au monde les notions de conscience mais aussi d’efforts et volonté découlant de la remise en cause des normes personnelles et sociales.

Les organisations publiques (collectivités territoriales par exemple) et privées (associations mais aussi entreprises) pourront alors proposer un ensemble de dispositifs, de produits, de services pour redonner aux consommateurs les compétences nécessaires à ce mode de vie (du savoir, savoir-faire, savoir-être) mais aussi le pouvoir faire. La sobriété devra(it) autant être un espace dans lequel se réalisent les consommateurs que les organisations.

Un article extrait de La Revue de l'Institut Veolia - FACTS Reports à paraître prochainement.

Face aux limites d’un modèle de production et de consommation linéaires et du système historique de gestion des déchets, la transition vers une économie circulaire est devenue une nécessité. Cette transformation exige d’importants changements de comportements de la part des acteurs (entreprises, consommateurs/citoyens), que les politiques publiques doivent encourager. L’émergence d’une économie circulaire innovante et créatrice d'emplois se fera autant à l’échelle de l’entreprise, que d’écosystèmes plus large, grâce à de nouveaux business models, notamment l'économie de la fonctionnalité.

En partenariat avec le Centre de Gestion Scientifique de Mines ParisTech, l'Institut Veolia prépare le prochain numéro de sa revue FACTS Reports, à paraître pour l'été 2021, sur le thème de "Industries et déchets : sur la voie de l'économie circulaire". Ce numéro, coordonné par Franck Aggeri, Joël Ntsondé et Helen Micheaux, rassemblera une quinzaine de contributions de chercheurs, organisations internationales, collectivités, associations et entreprises.

L’Institut Veolia mène un travail de prospective sur les enjeux au carrefour de l’environnement et de la société. À travers des conférences, une revue et des groupes de travail prospectifs, l’Institut Veolia réunit et diffuse les expériences et expertises de différents acteurs pour proposer des regards croisés sur les grands enjeux environnementaux et sociétaux.
En savoir plus