Benjamin Roche
Directeur de recherche à l’IRD
Audrey Arnal
Chargée de recherche à l’IRD et à UMR UM/CNRS/IRD MIVEGEC, Montpellier, France
Prévenir les zoonoses implique de repenser les politiques publiques à l’interface entre biodiversité, santé humaine et dynamiques socio-écologiques. Alors que la dégradation des écosystèmes augmente les contacts à risque entre faune sauvage, animaux domestiques et humains, de nombreuses initiatives internationales et territoriales montrent que la conservation de la biodiversité peut constituer un véritable outil de santé publique. Cet article analyse comment des cadres institutionnels ‒ de l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) à l’OHHLEP (One Health High-Level Expert Panel), en passant par le Cadre mondial de la biodiversité et les programmes PREZODE (PREventing ZOonotic Disease Emergence) ou ZODIAC (ZOonotic Disease Integrated ACtion) – interagissent et se nourrissent de façon réciproque avec les stratégies nationales et locales de prévention. À travers des exemples en Amérique latine et aux Caraïbes, il illustre comment la recherche écologique, la gouvernance multi-acteurs et la participation communautaire permettent de concevoir des interventions cohérentes du global au local. Il plaide pour une gouvernance intégrée, où la protection du vivant devient un levier central de résilience sanitaire.