Biodiversité et santé, une seule et même urgence
La 28ᵉ édition de la revue FACTS Reports, réalisée en partenariat avec le Fonds AXA pour le Progrès Humain et Sanofi, s'intéresse aux liens profonds entre biodiversité et santé humaine. Alors que la vitesse actuelle de disparition des espèces est estimée 10 à 100 fois supérieure à celle des cinq précédentes grandes extinctions, cette édition explore, à travers une approche interdisciplinaire, en quoi la dégradation du vivant constitue un déterminant majeur de notre santé, et comment, à l'inverse, la préservation de la biodiversité peut devenir un puissant levier de protection sanitaire.
Pour répondre à ces enjeux, l'édition propose une série de solutions concrètes. Des leviers tels que l'agroécologie, la restauration des écosystèmes, la finance de la restauration de la nature ou encore la mobilisation citoyenne sont explorés pour enrayer l'érosion du vivant et, avec elle, protéger la santé des populations. La revue revient sur l'approche « One Health » (Une seule santé), qui considère la santé humaine, animale et environnementale comme indissociables.
Découvrir :
- L'introduction, par Julia d'Astorg (Directrice des départements Science & Nature du Fonds AXA pour le Progrès humain), Sandrine Bouttier-Stref (Directrice de la RSE du Groupe Sanofi) et Nicolas Renard (Directeur exécutif de l'Institut Veolia)
- L'avant-propos, « Biodiversité et santé humaine : un lien vital mais sous-estimé », par Harvey V. Fineberg, Professeur émérite en politique et gestion de la santé à la Harvard T.H. Chan School of Public Health, Membre du Comité de Prospective de l'Institut Veolia
- Le décryptage, un entretien avec Harvey V. Fineberg sur les dynamiques mondiales qui redéfinissent les liens entre biodiversité et santé
- La conclusion, par Cédric Baecher, Partenaire chez Wavestone.
1. Biodiversité et santé : une alliance vitale
Achim Steiner, ancien Directeur du Programme des Nations Unies pour l’environnement résume ainsi le rapport de nos sociétés au vivant : “ À travers les cultures, les êtres humains accordent intrinsèquement de la valeur à la nature. La magie d’observer des lucioles scintiller longuement dans la nuit est immense. Nous puisons dans la nature l’énergie et les nutriments dont nous avons besoin. Nous y trouvons des sources de nourriture, de médicaments, de moyens de subsistance et d’innovation.
Notre bien-être dépend fondamentalement de la nature.” Au-delà de la beauté de la nature, de la diversité des espèces qui la composent et de la fascination qu’elles suscitent, il convient de reconnaître plus explicitement notre dépendance structurelle à la biodiversité : elle constitue une condition fondamentale de notre existence, au point que la préservation de nos sociétés est indissociable de celle du vivant.
Chercheure indépendante experte en agroécologie
Responsable scientifique du Laboratoire de recherche en mycologie, Centre for Business, Arts and Sciences, Lethbridge Polytechnic, Alberta, Canada
Dale Pulvermacher
Assistant de recherche / étudiant technicien au Laboratoire de recherche en mycologie, Centre for Business, Arts and Sciences, Lethbridge Polytechnic, Alberta, Canada
Professeur émérite à l’Institut Pasteur et au Collège de France
Professeur de néphrologie à l'Institut Karolinska de Stockholm
2. Le prix sanitaire des atteintes à la biodiversité
Le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020, et les Objectifs d’Aichi, formulés en 2010 par la Convention sur la diversité biologique, devaient structurer l’action internationale en faveur de la protection des écosystèmes essentiels à la santé humaine. L’échec de ces objectifs, en particulier celui de l’objectif n°14 consacré à la restauration et à la sauvegarde des écosystèmes contribuant à la santé, à l’accès à l’eau et au bien-être, met en évidence une incapacité collective à enrayer le déclin des services écologiques fondamentaux. La poursuite de cette trajectoire se traduit par une dégradation continue de la capacité des écosystèmes à fournir ces services, affectant de manière disproportionnée les populations pauvres et vulnérables, et confirmant que la perte de biodiversité constitue un déterminant structurel majeur de la santé humaine, au delà d’un simple enjeu environnemental.
Professeure agrégée de géologie environnementale appliquée à l’Université de Turku, Finlande
Professeure des universités - praticienne hospitalière et cheffe de service en bactériologie-virologie-hygiène au CHU de Limoges
Océanographe chimiste au CNRS et chercheur à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie de l’Université d’Aix-Marseille
Chargé de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD)
Franck Courchamp
Écologue et directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)
Chaire de recherche AXA en Ecologie appliquée aux agents pathogènes, Université de Cork, Irlande
Chercheure à HUN-REN Centre de recherche écologique à Vácrátót, Hongrie à l'Institut de métagénomique, Université de Debrecen, Hongrie
3. Préserver la biodiversité, protéger la santé : quelles solutions ?
L’indissociable lien entre stabilité des écosystèmes et santé humaine nécessite de dépasser le seul constat des dégradations pour s’engager dans des dynamiques de restauration du vivant. La préservation de la biodiversité appelle une action coordonnée à tous les niveaux, soutenue par une prise de conscience croissante du grand public. Les mobilisations suscitées en France par la proposition de loi Duplomb, qui cherchait à ré-autoriser l’acétamipride, pesticide interdit en France depuis 2018, ont mis en évidence une compréhension nouvelle des risques que fait peser l’affaiblissement des pollinisateurs sur la santé humaine et la sécurité alimentaire, révélant une évolution du débat public autour de la biodiversité et de notre dépendance à son égard.
Directeur des affaires publiques de la Fondation Tara Océan
Pierre Mienville
Chargé de plaidoyer de la Fondation Tara Océan
Directeur de la Stratégie et de la Performance Plurielle
Jean-Pierre Maugendre
Adjoint au Directeur du Développement Durable et de la Performance Plurielle
Tiphaine Déas
Responsable des Engagements biodiversité au sein du Pôle Nature de la Direction du Développement Durable et de la Performance Plurielle
Directeur de recherche à l’IRD
Audrey Arnal
Chargée de recherche à l’IRD et à UMR UM/CNRS/IRD MIVEGEC, Montpellier, France
Professeur au Globe Institute de l’Université de Copenhague
Chief Technology Officer chez APOLO Biotech
Soledad Traubenik
Country Manager Europe chez APOLO Biotech France
Federico Ariel
Cofondateur et Chief Science Officer chez APOLO Biotech
Directrice Générale du WWF France
Chercheur en gouvernance de l’eau et de l’environnement au département Eau et Climat de la Vrije Universiteit Brussel (VUB)
Directrice Durabilité pour l’assurance chez AXA